Mahaud Top 25 08 1458

Procès ayant opposé Mahaud au Duché d'Orléans (Domaine Royal)

Juge : Islington
Procès instruit par : Thalor de Riveroy

Accusé : Mahaud
Accusation : trouble à l'ordre public

Témoins de l'accusation : Néant

Témoins de la défense : Demerzel

Sanction prononcée par la Cour : Relaxé

Minutes du procès :

Acte d'accusation

En ce seizième jour d'Août de l'an de grâce 1458, Mahaud comparaît devant le tribunal de l'Orléanais. Ses victimes sont Aegidia et Cissi de la défense de la ville d'Orléans. Nous l'accusons de trouble à l'ordre.

Le procureur, Thalor de Riveroy : Monsieur le juge, je viens aujourd'hui vous requérir une demande de mise en procès contre cet homme au vu des preuves que nous avons en notre procession. Permettez-moi de vous réciter les faits. Il s'agit d'une attaque d'un groupe composé de Demerzel et de Mahaud.

Les évènements de la victime Cissi :
«
16-08-2010 04:06 : Votre arme a été détruite.
16-08-2010 04:06 : Vous avez frappé Demerzel. Vous l'avez sérieusement blessé.
16-08-2010 04:06 : Vous avez été attaqué par un groupe composé de Demerzel et de Mahaud.
»

Les évènements de la victime Aegidia :
«
6-08-2010 04:06 : Vous avez été attaqué par un groupe composé de Demerzel et de Mahaud.
»

Monsieur le juge, j'appui cette poursuite par une lecture de l'Article XVIII du Droit Pénal de notre grand coutumier, et je cite : Se rend coupable de Trouble à l'ordre publique […] Toute personne perturbant la sécurité, la salubrité et la tranquillité d'une cité de l'Orléanais ou du Duché d'Orléans.

  • Puis en s'adressant à l'accusé *

Attaquer des dames… Qu'avez vous donc à dire pour votre défense ?

Première plaidoirie de la défense

La personne intéressée ne s'est pas manifestée.

Réquisitoire de l'accusation

  • Mahaud sembla rester silencieuse suite à l'acte d'accusation. Peut-être ne désirait-elle pas répondre à la question à cause de la polémique qui entourait son cas. Soucieux et quelque peu déconcerté, le procureur voulait pouvoir laisser à l'accusé la chance de s'exprimer. *

- Monsieur le juge… Vous constatez sans doute comme moi une certaine ambivalence ajoutée à la polémique de cette affaire. N'ayant pas pu entendre la plaidoirie de la défense, il me serait difficile de m'avancer plus loin. Dans cette situation, une relaxe serait envisageable pour cette homme étant donné la situation plutôt controversée. À la lumière de ce qui se passe, vous comprendrez que je ne peux m'engager en mon cas sur une proposition fixe de verdict…

Dernière plaidoirie de la défense

( Après cinq jours de convalescence, Mahaud put enfin se rendre au tribunal. Non point qu'elle considérât comme très important d'y aller car le Dode lui avait démontré à quel point ce que les gens appelaient "la Justice" était une vaste et grotesque farce dont les magistrats sont les bouffons, mais parce qu'elle ne manquait jamais une occasion de se divertir.
Prenant appui sur des béquilles elle entra donc, ne salua personne et debout face au procureur elle parla en ces termes : )

- Je n'ai rien à faire ici.

J'ai attentivement écouté votre acte d'accusation. A plusieurs reprises vous parlez d'un homme :" une relaxe serait envisageable pour cet homme", "je viens aujourd'hui vous requérir une demande de mise en procès contre cet homme " … Comme tous ici présents peuvent l'observer, je suis une femme.
Si cette affaire trouble votre sommeil je ne peux que vous recommander de trouver cet homme dont vous prétendez qu'il a sauvagement attaqué vos sbires. Puis-je aussi vous suggérer de profiter de votre temps libre pour réviser les bases et les principes de votre charge ?
Je vais laisse maintenant ergoter. Vous trouverez un interlocuteur en la personne de mon témoin.

( Mahaud tourna les talons et sortit.)

La défense a appelé Demerzel à la barre

Voici son témoignage :
Quelqu'un avait fait un brouhaha pas possible pendant qu'il terminait sa propre plaidoirie et se retournant une fois son plaidoyer contre la bêtise administrative achevé, il s'était retourné pour constater que la source du bruit n'était autre que la Mahaud, se dépatouillant tant bien que mal avec ses béquilles.
Retournant s'asseoir, elle vient lui signifier qu'elle avait quitté la salle voisine, laissant la cour patienter jusqu'à ce que son témoin daigne fait acte de présence à un procès dont elle riait encore jaune, ou rouge, difficile à dire.

Il s'excusa poliment auprès de sa propre cour et couru dans la pièce à côté, tombant… sur les mêmes Juge et Procureur… *

erf, j'ai du me tromper quelque part… s'cusez!

  • il ressortit au pas de course et retourna dans la salle qu'il venait de quitter pour retomber sur sa propre salle à lui, avec toujours les deux même élus en place *

fichtre, bizarre tout ça!

  • il ressortit encore et retourna dans la salle voisine et se résigna à l'idée de retomber sur les deux têtes qui le regardaient maintenant avec des yeux tout grands… *

Hum… vous avez un secret que j'ignore. Même pas essoufflés… respect!

Je ne sais pas ce que vous a raconté la Mahaud, vu sa couleur, ça ne devait pas être de la poésie… faut la comprendre, se prendre une armée sur le dos au détour d'un chemin, sans s'y attendre, ça surprend. Mais toujours moins que de devoir se justifier de s'être défendu… bientôt il faudra aussi argumenter sur les raisons qui nous poussent à respirer.
L'instinct de survie je suppose…

Bref, on ne va pas palabrer toute la journée dans toutes les salles du tribunal. Je vous avais prévenu qu'un unique procès serait plus approprié et on m'a presque rit au nez… Heureusement que nous n'étions pas 50 dans mon petit groupe, ça aurait été fastidieux et lassant de répétition.
Sans parler que notre armée aurait bien plus piteux état aujourd'hui aussi… Attaquer deux voyageurs devait être plus sécuritaire pour vous.

Quoi qu'il en soit, je vous prierais d'avoir la délicatesse de vous référer à mon propre procès, à côté, et dont vous connaissez déjà la teneur si vous n'avez pas succombé à quelque rêveries.
L'argumentation reste la même, tout comme les conseils et les demandes de dédommagement.

Faisons nous grâce d'une réédition.

Monsieur le Juge!

  • sur quoi, il repartit au trop vers sa propre salle attendre le verdict *

Verdict de la Cour

Après un court délibéré, le juge rentra dans la salle d'audience et fit lever les présents. Il s'assit, prit ses notes et donna lecture du verdict :

Dame Mahaud,

Vu les dispositions garantissant l'ordre public dans notre duché,

Vu les dispositions relatives au délit de trouble à l'ordre public,

Vu l'acte de mise en accusation rédigé par le Procureur,

Attendu qu'à la lecture de cet acte, il apparaît que l'accusation parle d'un homme à votre sujet alors qu'il suffit que nous levions la tête pour vérifier qu'il ne peut y avoir aucune ambiguité sur votre appartenance à la gente féminine.

Attendu que cette confusion peut amener un doute sur la façon dont les faits ont été retranscrits dans l'acte d'accusation

Attendu également que l'accusation a pensé que vous aviez attaqué avec votre compagnon de route Messire Demerzel, nos honorables Dames Cissi et Aegidia,

Attendu que s'il y a bien eu confrontation entre vous-même et ces deux Dames, celle-ci a eu lieu dans le cadre d'un combat avec une armée,

Attendu que la procédure ouverte pour un délit de trouble à l'ordre public, n'est donc pas juridiquement adaptée à la situation particulière impliquant une armée,

Attendu qu'en conséquence, la prévenue ne peut pas être poursuivie pour un trouble à l'ordre public,

Attendu enfin que vos demandes supplémentaires en particulier celle revendiquant un dédommagement, bien qu'elles ne venaient pas de votre bouche mais uniquement parce qu'elles émanaient du co-prévenu, ont été examinées par le tribunal

Attendu que ces demandes supplémentaires n'étant pas liées à la présente procédure de trouble à l'ordre public, le tribunal est incompétent pour statuer sur leur bien fondé.

Nous, Islington, juge d'Orléans, vous déclarons non coupable des faits qui vous sont reprochés et vous relaxons. Par ailleurs, le tribunal se déclare incompétent pour les autres demandes.

Puis, le juge se tourne vers Dame Mahaud et poursuit :

La justice est toujours exigeante avec les hommes qui s'assoient sur ses bancs. Elle est en droit de le faire à condition d'être irréprochable. Au cas présent, elle s'est trompée et vous a mené à tort en ces lieux. Au nom de ce tribunal et du duché qu'il sert, nous vous présentons nos excuses pour cette regrettable erreur de procédure .

La séance est levée.

Orléans, le 25 août de l'an de grasce 1458

Islington
Juge de l'Orléanais

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